34-Evaluer sans dévaluer

 

Source des informations : Internet

N°34

 

« Évaluer sans dévaluer »

Profsperturbateurs

Vers une évaluation positive

Cette action avait été menée dans un collège du nord-ouest français et s’inscrivait dans une volonté de considérer l’évaluation comme un élément essentiel de la formation. L’abandon de l’évaluation chiffrée pour l’évaluation par compétences permettait à chaque élève de progresser à son rythme, de donner le meilleur de lui-même sans se décourager. Cette action ne se trouvait pas plus dans une évaluation sanction qui sélectionnait mais dans une évaluation formative qui permettait de mieux apprendre sans perdre l’estime de soi, ni la confiance en soi qui faisaient souvent défaut aux élèves français (cf. résultats enquêtes internationales « l’élève français préfère ne pas répondre que de se tromper ».) Cette approche profitait à tous car l’élève n’était plus en compétition avec ses camarades mais avec lui-même.

Plus-value de l'action

Afin de réussir la démocratisation de l’enseignement pour la meilleure réussite de tous, il était nécessaire de changer les pratiques, ouvrir les fenêtres, faire rentrer l’oxygène ! : Innovez! Osez innover !

A l'origine

Face à la diversité des publics accueillis (élèves à besoins particuliers : « dys » « précocité » « PPRE de passage CM2/6°) et au constat que les heures de remédiation pour les élèves en difficulté ne permettaient pas d’obtenir des résultats satisfaisants, une réflexion approfondie a été menée sur l’évaluation. La première sensibilisation s’était faite à partir de la conférence d’A.ANTIBI sur « la constante macabre ». Puis l’évaluation par compétences à travers le socle et le Livret Personnel de Compétences. Les classes sans notes se sont imposées comme une évidence. Tous les aspects positifs de cette action n’étaient pas encore mis au jour...

Filseleves

Objectifs poursuivis

- Passer d’une évaluation sélective à une évaluation positive en abandonnant les notes.

- Faire de l’évaluation un outil de progrès.

- Supprimer le stress lié à l’évaluation et les atteintes à l’estime de soi.

- Pour les plus fragiles supprimer le risque de démobilisation voire de décrochage.

- Aller vers une évaluation qui permet de mieux apprendre et de mieux se construire sur le plan personnel.

- Au-delà de l’évaluation développer des pratiques communes, changer les postures des enseignants.

Evaluation

- Effets sur l'estime de soi et la confiance en soi.

- Relations de confiance à l'enseignant.

- Climat de classe.

- Evolution des pratiques pédagogiques

- Valorisation des acquis et remédiation ciblée et efficace.

- Renforcement du lien avec les familles.

 

Modalités du suivi et de l'évaluation de l'action

- Mesurer en interne la progression vers une culture professionnelle commune (visible notamment en conseil de classe).

- Amélioration du diagnostic pédagogique et éducatif.

- Fluidité des parcours.

- Investissement des élèves.

- Observation de la cohorte 2012/2013 et des suivantes, notamment par la Recherche.

Effets constatés

Sur les acquis des élèves :

Aucun élève n’avait décroché en 6° contrairement à d’autres années, un retour sur cette cohorte aurait été très intéressant à suivre jusqu’au lycée. La remédiation était ciblée et se faisait dans la classe, l’élève était réévalué jusqu’à validation parfois sans s’en rendre compte. Certains enseignants disaient qu’ils évaluaient de manière naturelle.

Objectifs3

Sur les pratiques des enseignants :

L’évaluation par compétences et la réflexion menée par les enseignants avait conduit plus loin qu’ils ne l’imaginaient au départ. Les pratiques et les postures ont changé progressivement. Une proposition de réorganiser l’espace classe a été faite.

Les tables ont été installées en îlots dans de très nombreux cours. Réorganiser l’espace classe renvoie le bureau de l’enseignant dans un coin de la salle et l’enseignant était au milieu de ses élèves, ce qui avait induit inévitablement un changement de posture de l’enseignant. C’est alors que pouvait s’installer enfin la pédagogie différenciée ; pour certains cours les groupes étaient homogènes à d’autres moments ils étaient hétérogènes. Lorsque l’enseignant faisait un travail de remédiation avec un groupe sur une compétence chutée il pouvait mettre d’autres groupes sur un travail avec un niveau d’exigence plus important. Ce qui avait permis également de prendre en charge les élèves précoces ou à besoins particuliers de manière plus efficace.

Chacun pouvait y trouver son compte !

* Le travail et l'évaluation des compétences avait doucement changé la posture face aux apprentissages des élèves (travail coopératif en îlots, tâches complexes interdisciplinaires, pédagogie de projet) et avait infléchi les pratiques des enseignants (mutualisation des pratiques et des documents de travail, partage des compétences, co-enseignement).

* Un travail important était en cours pour l’amélioration des appréciations sur les bulletins, plus valorisantes, plus complètes, plus personnalisées.

* Un vrai changement de pratiques s'installait et donnait beaucoup de satisfactions à tous.

Sur le leadership et les relations professionnelles :

Ce qui assurait le succès ou l’échec d’une telle innovation étaient les valeurs partagées, s’il y avait conflit de valeurs cela pouvait conduire à l’échec.

L’école de la République et les valeurs qu’elle véhicule sont le ciment de cette action, des missions des enseignants. Ces valeurs étaient le socle de leurs arguments face à ceux qui résistaient ou avaient peur.

Sur l'établissement :

Cette action, ces actions ont renforcé un climat d’établissement positif, une culture d’établissement. D’autres projets et d’autres actions ont pris encore plus de sens ; par exemple à l’engagement du collège en Agenda 21 ou à la mise en place d’un parcours artistique et culturel, tout allait dans le même sens, tout était compétences, tout était évaluation. Les enseignants et les élèves sentaient une certaine fierté d’appartenance au collège.

Plus généralement, sur l'environnement :

Avait été tissé des liens très forts de confiance avec les parents qui avaient échangé et collaboré aux réflexions des enseignants au fil des années. Il fallait les associer et accepter leurs critiques très utiles, car c’était au croisement de l’expertise des parents et des enseignants que pouvait exister la coéducation. Des liens avaient été tissé également très importants avec les partenaires extérieurs, très précieux :

  • les écoles du 1° degré,
  • les structures associatives,
  • la mairie,
  • le Conseil Départemental,
  • la maison de quartier...

 

Pour aller plus loin sur le sujet :

https://www.scienceshumaines.com/evaluation-faut-il-supprimer-les-notes_fr_27747.html

https://prezi.com/hq1ofusckeu7/paf_2015_2016_-quelles-pratiques-devaluation-pour-la-reussite-des-eleves/

 

Nous sommes là pour vous aider. Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez nous contacter sur ce site ou à notre adresse mail (ca.parents.eleves@gmail.com) ou encore déposer vos remarques ou questions dans la boîte aux lettres de l’association, située dans l’établissement.

De même pour chaque établissement, et en cas de besoins, un adhérent référent sera là pour vous apporter des précisions.

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Date de dernière mise à jour : 14/01/2019